Vol. 1 No. 4-5 (2025): Haïti après l’Occupation : chroniques d’une Nation en mutation (1934-1986)
Politique et idéologie

La crise 56-57, jeu d’alliances, de bascules et de ruptures : François Duvalier accède à la Présidence

Claude Moïse
Biographie

Publié 05-05-2026

Comment citer

La crise 56-57, jeu d’alliances, de bascules et de ruptures : François Duvalier accède à la Présidence. (2026). Revue d’Histoire Haïtienne, 1(4-5). https://www.revuehh.org/index.php/rhh/article/view/12

Résumé

Claude Moïse décrit la fin du régime de Paul Magloire, prise dans une faille constitutionnelle sur la date de fin de mandat et l’interdiction de réélection immédiate, que le président exploite en entretenant l’ambiguïté sur ses intentions. L’opposition (Déjoie, Jumelle, Fignolé, Duvalier, PPH, presse) utilise au contraire la Constitution comme arme politique pour exiger des élections libres et contester la légitimité de Magloire. La crise se transforme en affrontement ouvert : agitation étudiante, répression, états de siège, grèves, interventions de l’ambassade américaine, jusqu’à la démission de Magloire et son retour provisoire comme chef de l’exécutif via l’armée, manœuvre qui déclenche une grève générale et précipite sa chute. S’ouvre alors une période de « jeu d’alliances, de bascules et de ruptures » : succession de gouvernements provisoires (Pierre-Louis, Sylvain, Collégial, Fignolé), affrontement entre « constitutionnels » et « révolutionnaires », et montée en puissance de l’armée comme arbitre décisif. La bataille de la succession oppose surtout deux grands camps, déjoïste « mulâtre » et duvaliériste « noiriste », sur fond de question de couleur, de clientélisme, de mobilisation populaire (rouleau compresseur fignoliste) et de manipulations électorales. Après l’élimination progressive de Magloire, de Pierre‑Louis, de Sylvain, du gouvernement collégial puis de Fignolé, l’armée, dominée par les officiers duvaliéristes, encadre les élections du 22 septembre 1957 qui portent finalement François Duvalier à la présidence.